Avec seulement 9,4 milliards d’euros investis depuis le début de l’année 2008, le marché de l’investissement immobilier français connait une chute de 57 % par rapport au troisième trimestre 2007 (22,1 milliards €). Les engagements ont enregistré une baisse croissante au cours des derniers trimestres et le ralentissement a gagné en intensité au troisième trimestre où seuls 2,3 milliards d'euros ont été enregistrés.
Dans une conjoncture économique peu favorable et un marché financier international mouvementé, l’immobilier d’entreprise est chahuté et le marché de l’investissement sévèrement touché par l’absence de crédits. Au fil des mois, l’activité de ce dernier aura été paralysée par la raréfaction du crédit, ce manque de liquidité impactant ainsi durement les volumes d’investissement.
Dans ce nouveau cycle, ce sont les grandes opérations qui disparaissent. En 2008, les transactions supérieures à 100 millions d’euros ont totalisé 3,5 milliards d’euros, soit une baisse de 75 % par rapport à la même période en 2007 et aucun « mega deal » n’a été conclu.
L’Île-de-France, que cette baisse du nombre de grosses opérations affecte en priorité, a vu les volumes investis chuter de 60 % totalisant environ 7 milliards d’euros. Les secteurs d’affaires traditionnels, marchés d’opérations aux volumes unitaires conséquents, sont les plus touchés : La Défense, avec seulement deux transactions significatives, a par exemple vu son volume décroitre de 85 % en un an par rapport au volume record de 2007 dû notamment au poids de Cœur Défense (2,1 milliards). En écho, Paris QCA aura vu 76 % de baisse par rapport à la même période de 2007 avec seulement trois transactions supérieures à 100 millions d’euros.
La province, dont le ralentissement paraissait moins prononcé les trimestres précédents, enregistre un recul de 44 % des volumes d’investissement. Les marchés provinciaux représentent ainsi 27 % des investissements en France. Ce sont les investissements en commerce qui font particulièrement défaut, puisque la part des commerces dans les engagements provinciaux passe de 40 % à 18 %.
Le marché des bureaux avec 7,7 milliards d’euros placés n’échappe pas au repli actuel. Toutefois, c’est le secteur qui résiste le mieux, toujours favorisé par les investisseurs, puisque les bureaux représentent 82 % du volume total placé en France. Les incertitudes du marché ont limité la recherche de diversification des actifs et les produits « core » sont davantage recherchés par les investisseurs.
La logistique a attiré approximativement 650 millions d’euros à la fin du 3ème trimestre, soit une baisse de 54 % par rapport au troisième trimestre 2007 qui s’explique par la disparition des ventes de gros portefeuilles. En terme de volume, on retrouve des niveaux équivalents à 2004. Les taux de rendement haut de gamme en logistique, à l’instar des autres catégories d’actifs, sont orientés à la hausse et sont évalués à ce jour à plus de 7 % (6 % dix mois plus tôt).
Les commerces ont enregistré des niveaux d’activité en net décalage avec ceux de l’an passé. Environ 700 millions d’euros ont été recensés en immobilier commercial ce qui représente seulement 14 % du total des engagements réalisés pour l’année 2007. Toutefois, si les engagements en commerces ont été peu dynamiques en début d’année, le secteur a vu un regain d’activité ce trimestre où plusieurs transactions ont été bouclées dernièrement.
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